Le jardin secret de nos nuits : Pourquoi vos fantasmes vous veulent du bien ?
- Sophie Crebois
- il y a 10 heures
- 2 min de lecture

Et si notre jardin secret sexuel était en réalité le meilleur ami de notre santé mentale ?
Qui n'a jamais ressenti un léger frisson de culpabilité après avoir été traversé par un scénario érotique particulièrement audacieux en plein après-midi ? On s’observe alors dans le miroir en se demandant : « Suis-je tout à fait normale ? » ou « Si mon partenaire savait… ».
En tant que sexologue et psychanalyste, je vois chaque jour au cabinet des personnes terrifiées par leurs propres pensées. Alors, brisons immédiatement le cadenas : avoir des fantasmes, même les plus éloignés de vos valeurs morales au quotidien, n’est pas une anomalie. C'est le signe d'une psyché vivante, créative et en excellente santé.
Le fantasme n'est pas un plan d'action
Le premier grand malentendu est de confondre le fantasme et le projet. Fantasmer de se faire surprendre dans un lieu public ou d’explorer des jeux de domination ne signifie absolument pas que l’on souhaite passer à l'acte le samedi suivant.
L’esprit humain adore flirter avec le danger depuis le confort et la sécurité absolue de son propre cerveau. Le fantasme est un simulateur de vol émotionnel. Il permet de ressentir des décharges d'endorphines sans jamais prendre le moindre risque réel, ni pour soi, ni pour son couple. Pour beaucoup, la réalisation concrète du scénario détruirait son pouvoir érotique. Le plaisir réside précisément dans la fiction.
Le carburant secret du désir
Loin d'être une trahison, le fantasme est souvent le meilleur ciment du couple. C’est une réserve d’énergie personnelle. Les recherches en psychologie le prouvent : une vie imaginaire riche est le garant d'une plus grande satisfaction sexuelle et d'une libido plus stable.
Il agit comme un sas de décompression face au stress du quotidien. C'est un espace de liberté totale où les responsabilités s'effacent pour laisser place à la légèreté pure. Il permet de réinjecter du mystère là où la routine menace de s'installer.
Apprivoiser ses pensées sans rougir
La normalité en matière d'imaginaire n'existe pas. Tant que ces scénarios restent une source de plaisir et non de détresse, ils vous appartiennent. Vous n'avez aucune obligation de les partager si vous préférez garder les clés de votre jardin secret. Et si vous décidez d'en ouvrir la porte, faites-le comme on propose un jeu, toujours sous le signe du consentement mutuel.
Le cerveau reste le premier organe sexuel humain. Alors, la prochaine fois qu'une pensée un peu sauvage s'invite sous votre couette, ne la chassez pas. Souriez, respirez, et rappelez-vous que vos draps sont bien trop vastes pour y brider votre imagination.
Notes bibliographiques pour cet article : Joyal et al., 2015 ; Lehmiller, 2018 ; American Psychiatric Association, 2013.


