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Le vaginisme, quand le corps dit non

  • Photo du rédacteur: Sophie Crebois
    Sophie Crebois
  • il y a 4 jours
  • 2 min de lecture

Et si on avait passé des siècles à chercher le septième ciel au mauvais endroit, en faisant de la pénétration une obligation plutôt qu’une possibilité

Pour de nombreuses femmes, la chambre à coucher ne rime pas avec plaisir, mais avec appréhension. Imaginez la scène : l'ambiance est parfaite, le partenaire est aimant, le désir est là… et pourtant, au moment fatidique, c’est le blocus total. Comme si une porte blindée venait de se refermer à double tour. Je reçois trop souvent des patientes en larmes, persuadées d'être « défectueuses » ou de punir leur partenaire.

Mettons les points sur les i : ce blocage a un nom clinique, le vaginisme. Et ce n’est pas une fatalité, c’est un appel au secours de votre corps.


Quand le corps joue les videurs de boîte de nuit

Le vaginisme, c’est la contraction involontaire, réflexe et ultra-puissante des muscles du plancher pelvien (le fameux périnée) dès qu'une tentative de pénétration (pénis, doigt, tampon, ou même le spéculum de la gynécologue) approche.

Ce n'est pas un refus psychologique conscient. Ce n'est pas un manque d'amour. C’est un réflexe de défense, comparable à l’œil qui se ferme instantanément quand une poussière s'en approche. Votre corps a associé la pénétration à une menace ou à une douleur, et il a décidé de jouer les videurs de boîte de nuit : « Personne ne rentre ce soir. »

Les causes ? Elles sont aussi variées qu'une ligne de métro aux heures de pointe : une première fois douloureuse, une éducation trop rigide, une peur inconsciente de la grossesse, ou parfois… rien de tout cela. Juste un corps qui a peur d’avoir mal.


Réapprendre la douceur : La feuille de route thérapeutique

La bonne nouvelle, c’est que le vaginisme se soigne très bien. Mais la solution ne se trouve pas dans le fait de « forcer », ce qui ne ferait qu’aggraver le traumatisme. Au cabinet, nous travaillons main dans la main pour rééduquer ce réflexe :

- Le lâcher-prise par le souffle : Apprendre à respirer avec son ventre pour détendre consciemment les muscles du bassin.

- Les dilatateurs vaginaux (ou bougies de rééducation) : Ces petits outils médicaux en silicone, de tailles très progressives, permettent à la femme de reprendre le contrôle de son corps, à son rythme, seule chez elle, sans aucune pression de performance.

- Redéfinir la carte du plaisir : Le sexe ne se résume pas à la pénétration ! On redécouvre les caresses, le sexe oral, les vibrations… Bref, on s’amuse autrement pour enlever la pression du résultat.


Le corps humain a une mémoire incroyable, mais il a aussi une immense capacité à pardonner et à réapprendre.

Si votre corps dit non aujourd’hui, ce n'est pas qu'il vous trahit, c'est qu'il vous demande d'aller moins vite. Soyez douce avec vous-même. Après tout, les plus belles histoires d’amour prennent toujours le temps de s'installer.


Sophie Crébois-Perdriau

Cabinet de Sexologie et de Psychanalyse

15 rue François Mouthon - 91380 Chilly-Mazarin

06 35 30 13 27

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