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Derrière l'écran : Quand le virtuel brouille les chemins de l’excitation

Photo du rédacteur: Sophie Crebois
Sophie Crebois
31 août
2 min de lecture

Dernière mise à jour : 11 sept.



Et si certaines “pannes” sexuelles commençaient en réalité quelques secondes avant l’érection ?


Le porno est aujourd’hui accessible partout et à toute heure. En quelques clics, on peut changer de corps, de décor, de scénario ou de pratique plus vite qu’on ne choisit une série sur Netflix. Et évidemment, notre cerveau observe. Puis il apprend.


Devant un écran, tout est sous contrôle

On choisit l’image, le rythme, la scène, le moment où l’on accélère et celui où l’on change. La stimulation est parfaitement adaptée à nos habitudes et, pour certains, ce terrain devient extrêmement efficace pour déclencher l’excitation.

Puis vient la sexualité réelle. Et là, le scénario est légèrement différent. Il y a un autre corps, un autre rythme, des silences, des hésitations, un regard, des attentes — réelles ou imaginées — et parfois cette charmante petite pensée : « il faut que ça marche ». Autant dire que l’érotisme adore ce genre de pression.


Et si la panne n’était pas exactement là où on le pense ?

Un homme constate parfois : « seul devant un écran, aucun problème ; avec ma partenaire, mon érection est moins stable ». Et la conclusion tombe immédiatement : « j’ai une dysfonction érectile ».

Parfois, effectivement, une difficulté érectile existe et mérite d’être évaluée. Mais parfois, le problème commence juste avant. L’excitation elle-même n’est simplement pas aussi forte ou aussi stable. Et comme l’érection suit notamment l’excitation, elle peut fluctuer elle aussi.

Le pénis finit alors accusé d’un crime dont il n’est peut-être que le témoin.


L’excitation aussi prend des habitudes

Cela ne veut pas dire que le porno « rend impuissant ». Ce serait beaucoup trop simple. La plupart des personnes peuvent en consommer sans rencontrer ce type de difficulté.

Mais chez certains, une stimulation très répétitive et très spécifique peut devenir un chemin particulièrement familier vers l’excitation. Le risque n’est donc pas forcément le porno en lui-même, mais parfois de voir son excitation devenir un peu trop fidèle à un seul scénario.

Un peu comme si le GPS refusait soudain toutes les routes qu’il ne connaît pas.


Retrouver de la souplesse

L’idée n’est donc pas de déclarer la guerre aux écrans, mais d’observer ce qui se passe : ai-je besoin de stimuli toujours plus précis ? Mon excitation reste-t-elle facile dans la sexualité partagée ? Est-ce que je ressens davantage de pression avec un partenaire ? Est-ce que je sais encore ralentir ?

Parce que la vraie sexualité est beaucoup moins parfaite que celle des pixels. Elle hésite, elle rit, elle s’interrompt, elle recommence. Et c’est justement ce qui la rend vivante.


Parfois, ce que l’on appelle une panne d’érection est simplement une excitation qui a pris l’habitude d’emprunter toujours la même route. Et bonne nouvelle : un cerveau sait aussi en découvrir de nouvelles.


Notes bibliographiques : Grubbs & Gola, travaux sur pornographie et fonction érectile ; Rowland et al., pornographie, masturbation et fonction sexuelle ; revues récentes sur consommation problématique de pornographie et dysfonctions sexuelles.

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Sophie Crébois-Perdriau

Cabinet de Sexologie et de Psychanalyse

15 rue François Mouthon - 91380 Chilly-Mazarin

06 35 30 13 27

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